Nous « coulons » 🗺

Nous prenons l’eau. La fonte des glaces s’accélère, en Arctique comme en Antarctique. Nous avons un hiver froid, soit. Mais il ne faut pas confondre météo et climat. Voici un petit récapitulatif de son évolution récente :

Le climat a toujours changé. Depuis 60 ans, il est très influencé par les activités humaines. Dans les années 80, on découvre la modification de la composition de l’atmosphère et le lien fort entre GES (Gaz à Effet de Serre) et climat. Depuis 12 000 ans, le climat était stable. Puis il se met à varier très rapidement à partir de l’ère industrielle.

L’effet de serre est bénéfique. Il permet une moyenne de 12° sur Terre. C’est son augmentation qui inquiète. C’est comme augmenter le chauffage sur Terre. 93 % de cette chaleur supplémentaire part dans l’océan : c’est un témoin tangible. Le niveau de la mer s’élève en raison de la dilatation, à quoi s’ajoute la fonte des calottes glaciaires.
Le réchauffement des océans augmente la vapeur d’eau dans l’atmosphère, ce qui amplifie le phénomène. 2015 a été l’année la plus chaude depuis le relevé des températures. 2016 a été encore plus chaude que 2015.

Cette dégradation brutale est vraiment exceptionnelle. Il n’y a pas eu de réchauffement important au cours du dernier millénaire. C’est sans précédent et sans équivoque.
Si nous continuons sur le modèle actuel, il fera +4 à 5° sur Terre en 2100. Une variation aussi rapide était inconnue jusque là.

En France, une hausse de 2° a été observée depuis les années 60. Toutes ses saisons se réchauffent à l’instar du monde entier. Il y a de plus en plus de sécheresses dans le Sud qui s’accompagnent d’une augmentation des crues cévenoles et des feux de forêt.
L’augmentation des hivers doux va de pair avec des  précipitation intenses : 6 mètres à Paris en juin 2016. En même temps, les ressources en eau sont en déficit.
Tous les secteurs économiques sont concernés par une adaptation à la situation. Il y a un problème de vulnérabilité : certaines régions sont plus vulnérables que d’autres. Donc, les inégalités s’accroissent : les régions où il fait bon vivre diminuent.

Le 1er rapport du GIEC, en 1990, est déjà très clair : il dit tout. Nous sommes aujourd’hui sur les trajectoires envisagées il y a 40 ans. La stabilisation du climat requiert la diminution des émissions de CO2. Mais malgré cette adaptation, si nous y parvenons, le climat ne sera plus le même.

Il faut agir d’ici 2020. C’est techniquement possible et économiquement viable, plus que si on ne fait rien de toute façon.

(Source : Jean Jouzel, climatologue.)

Faut-il désespérer ? Non. Faut-il se préparer ? Oui. Surtout les moins de 20 ans !

Groenland, août 2016.

Le glacier d’Ilulissat a reculé ces 20 dernières années autant qu’en 200 ans. On le voit sur les images spectaculaires du documentaire Chasing Ice.

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